La maladie d’Alzheimer liée à la ménopause et à l’ostéoporose ?!

Mar 22, 2018 par

Une femme sur quatre est concernée par l’ostéoporose post-ménopausique. Mais les changements hormonaux induits par la ménopause pourraient aussi être impliqués dans les démences, dont la maladie d’Alzheimer, selon une récente étude française, qui suggère un lien possible entre ménopause, ostéoporose et démence.

ostéoporose post-ménopausique

L’ostéoporose post-ménopausique

Le lien entre ostéoporose et ménopause est bien connu. L’ostéoporose post-ménopausique toucherait ainsi 25 % des femmes et serait la complication la plus grave des troubles hormonaux de la ménopause, survenant entre 7 et 10 ans après la disparition des cycles menstruels. La baisse des œstrogènes serait responsable d’une accélération brutale de la perte osseuse physiologique, liée au vieillissement.

L’importance de l’ostéoporose est fonction de deux éléments :

  • La vitesse de déminéralisation osseuse ;
  • La masse osseuse initiale, atteinte à la puberté (capital osseux).

Ces deux éléments dépendent de facteurs génétiques et comportementaux, tels que les apports en calcium et la pratique d’une activité physique. Parallèlement, d’autres comportements peuvent aggraver l’ostéoporose, notamment une alimentation insuffisante ou déséquilibrée, le tabac et l’alcool.

L’ostéoporose post-ménopausique constitue un réel problème de santé publique, en raison de ses conséquences. La diminution de la solidité osseuse est en effet à l’origine de tassements et de fractures. Les fractures ostéoporotiques siègent principalement au niveau de la colonne vertébrale, du poignet et du col du fémur. L’impact de ces fractures est lourd pour les femmes, avec 40 % de complications et une mortalité de 25 %.

Un lien vers le risque de démence ?!

Si le lien entre ostéoporose et ménopause n’est plus à démontrer, une récente étude suggère une association possible entre ostéoporose, ménopause et démence. Les démences, dont la maladie d’Alzheimer, représentent un facteur de risque de chute et donc de fractures. A la suite d’une fracture du col du fémur, il n’est pas rare de découvrir une maladie d’Alzheimer, suggérant un lien possible entre ces deux éléments.

Pour explorer ce lien potentiel, des chercheurs français ont mené, entre mai 2005 et décembre 2013, une étude auprès de 2 041 femmes post-ménopausées (âge moyen : 78,4 ans) et traitées pour ostéoporose après une fracture ostéoporotique.

Sur l’ensemble des femmes incluses dans l’étude, 54,4 % avaient une fracture du col du fémur, 28,4 % une fracture du poignet et 17,2 % une fracture de l’humérus. Les démences concernaient 13,5 % des femmes de l’étude. La prévalence des démences augmentait avec l’âge :

  • 0 % pour les moins de 55 ans ;
  • 1,8 % pour les 55-74 ans ;
  • 13 % pour les 75-79 ans ;
  • 29,7 % pour les 85-89 ans.

Pour chaque classe d’âge considérée, la prévalence des démences était supérieure à celle observée dans la population générale. Les démences toucheraient ainsi plus les femmes post-ménopausées présentant une ostéoporose sévère, même si aucun lien de causalité n’a pu être mis en évidence entre les démences et l’ostéoporose post-ménopausique.

Prévenir grâce aux traitements de la ménopause

Les mécanismes impliqués dans un tel lien entre ostéoporose, ménopause et démence restent à explorer, mais ces résultats pourraient inciter à mieux surveiller la survenue de démences chez les femmes post-ménopausées, ainsi qu’à prévenir l’ostéoporose.

A la ménopause, des traitements hormonaux de substitution peuvent être proposés aux femmes pour simuler l’imprégnation hormonale des femmes en âge de procréer. Ces traitements combinent un œstrogène naturel et un progestatif. Parmi les principaux effets bénéfiques de ces traitements, il est possible de citer :

  • Les bouffées de chaleur ;
  • L’atrophie vaginale, amincissement de la paroi du vagin provoquant une sécheresse vaginale ;
  • Les troubles de l’humeur ;
  • L’ostéoporose, avec une diminution de 50 % des fractures ostéoporotiques du rachis.

Parallèlement, certaines études suggèrent que les traitements de substitution pourraient également diminuer l’incidence de la maladie d’Alzheimer. Un résultat qui va à nouveau dans le sens d’un lien entre ménopause, ostéoporose et démence.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Les étapes de la vie génitale : de la puberté à la ménopause. Comité éditorial pédagogique UVMaF. Mis à jour le 01 janvier 2012.
– High prevalence of dementia in women with osteoporosis. Amouzougan, Adamah and al. 2017. Joint Bone Spine 84(5) : 611-614.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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